De Pakse à Phnom Penh : un trés long trajet.

Publié par le 24 février 2016

Après notre séjour à Luang Prabang nous rejoignons rapidement Pakse où nous devrions prendre un bus en direction de Phnom Penh au Cambodge. Et oui, nous quittons déjà le Laos pour voyager avec mes parents qui viennent passer leurs congés au Cambodge, mais ce n’est qu’une parenthèse, nous reviendrons ensuite dans ce pays qui a encore tant à nous offrir!

Le trajet entre Pakse et Phnom Penh a été hasardeux… pour ne pas dire complètement chaotique! Nous avions décidé de le faire en bus pour aller plus vite et être sur de ne pas manquer mes parents, et ben je crois que l’on aurait été plus efficace en stop finalement! Du coup, on s’est dit que ce trajet méritait bien un article à lui tout seul.

Par contre je vous préviens tout de suite : cet article sera pauvre en image puisque nous relatons une journée en bus, il n’y avait pas grand chose d’intéressant à photographier^^.

 

Premier bus :

Arrivés à Pakse, on se met à la recherche d’un bus qui se rend à Phnom Penh. Facile, la plupart des Guesthouses et restaurants de la ville vendent des tickets de bus pour de multiples destinations, dont Phnom Penh. Notre guesthouse les vend pour pas trop cher alors c’est ici que nous les achetons. Le tuk tuk pour nous amener à la gare routière est compris dans le prix (220000 kips par personne), c’est un trajet direct et nous arriverons à 20 heures à Phnom Penh, parfait! Mouai… en réalité notre trajet ne se passera pas vraiment ainsi…

Le jour du départ on attend devant notre guesthouse le tuk tuk qui doit venir nous chercher à 7h30. A 8h il n’est toujours pas là alors que notre bus était censé partir à 8h… “Lao time”nous dit la propriétaire, confiante. Bah si elle le dit.

Le tuk tuk n’arrive qu’à 8h15, on s’installe en vitesse et on part. 800 mètres plus loin on croise un bus, apparemment c’est le notre car le tuk tuk nous dépose au bord de la route et nous dit de monter dans le bus. Au moins, le trajet en tuk tuk n’a pas du leur coûter trop cher^^.

Quelques kilomètres plus tard on s’arrête au bord de la route, apparemment c’est pour prendre un groupe de touristes mais je ne vois pas comment car le bus est plein! Ah ben si! Il suffit juste de rajouter des petits tabourets dans l’allée du milieu et c’est bon cette fois le bus est vraiment plein!

Après environ 30 minutes de route le bus tombe en panne. On s’arrête au bord de la route et on nous demande de descendre. Nous attendrons environ une trentaine de minutes avant de pouvoir reprendre la route.

 

Bus en panne

 

Le bus avance mais il roule très lentement. A quelle heure allons nous arriver à ce rythme là? Et la clim ne fonctionne plus! On ouvre les fenêtres mais à l’allure où nous avançons nous n’avons pas suffisamment d’air pour nous rafraîchir. Puis le bus tombe en panne une deuxième fois, on s’arrête de nouveau au bord de la route, et attendons. Mais cette fois le bus ne redémarrera pas!

 

Deuxième bus :

Un petit van vient nous chercher et nous amène jusqu’à la frontière Cambodgienne.

Le chauffeur se croit dans Need for speed et on rattrape une partie de notre retard. On manque aussi d’écraser vaches, chiens et piétons à multiples reprises! Le chauffeur (ou plutôt : “le chauffard”) jette un coup d’œil dans le rétroviseur, croise le regard de Guigui et lui fait un clin d’œil! Guigui est mort de rire tandis que je maudis mentalement le chauffeur chauffard!!

Nous arrivons à la frontière et y restons un bon moment pour éviter les diverses tentatives de corruption (nous ne détaillons pas le passage de frontière car nous allons lui consacrer, à lui aussi, un article entier).

 

Troisième bus :

Après le passage délicat de la frontière et une fois notre visa en poche, un autre van nous prend! Il est plein à craquer et j’essaie tant bien que mal de m’installer confortablement car le trajet va être long, nous avons une grande partie du Cambodge à parcourir avant d’arriver à Phnom Penh!

 

Quatrième bus :

Ah ben non! A peine 1 heure plus tard on nous dépose dans une ville, Stung Treng, devant un petit snack. On se dit que se doit être la pause déjeuner. On regarde la carte, nous avons tout juste le temps de saliver devant les burgers et les pancakes qu’un gars nous appelle déjà pour monter dans son van! Bon, le déjeuner se sera pour plus tard!

Alors qu’on pense reprendre la route en direction de Phnom Penh, le chauffeur fait un premier détour dans la ville pour récupérer un passager, puis un deuxième, un troisième,…parfois il récupère seulement un colis. Nous tournons ainsi pendant environ une heure avant de reprendre la route pour de bon! Nous avons le ventre qui gargouille… et dire qu’on aurait eu le temps de manger le burger et le pancake!

Nous sommes étonnés par l’état de la route! Elle est plutôt bonne, voire très bonne comparée au Laos! Elle est bien goudronnée, il n’y a pas de nid de poule et il y a même des panneaux de signalisation! La grande classe!

Après 2/3 heures de route nous arrivons à Kratie une ville au bord du Mékong où nous déposons des passagers. Ah ben nous aussi on nous dépose apparemment!

 

Cinquième bus :

On répète au chauffeur que nous allons jusqu’à la capitale et il nous fait comprendre que nous allons prendre un autre van! On espère que c’est le dernier cette fois parce qu’il est déjà presque 18h et étions censés arriver à 20h avec un seul et même bus!

Enfin bon, au moins nous pouvons profiter du superbe coucher du soleil au bord du Mékong en attendant notre van, peut être avons nous le temps de nous acheter un petit truc à manger? Ah non, on nous appelle avant la fin du coucher du soleil pour reprendre la route! Je n’ai même pas eu le temps de prendre une photo!

Depuis notre départ de Pakse ce matin, nous n’avons même pas eu droit à une pause pipi. On demande au chauffeur de s’arrêter à deux reprises mais il ne comprend pas! Heureusement il doit s’arrêter pour faire le plein d’essence alors on en profite!

On se remet en route, il est déjà 21h passées quand le van s’arrête…?? Oh non, pas encore une panne!! Le moteur est en surchauffe, le chauffeur met un peu d’eau et se remet en route. Trente minutes plus tard, le moteur est de nouveau en surchauffe mais nous n’avons plus d’eau. Il fait nuit noire, nous sommes au beau milieu de la campagne Cambodgienne et notre van ne veut plus avancer! Heureusement le chauffeur trouve un bassin rempli d’eau au bord de la route, ça fera l’affaire. On repart. Bien sur, trente minutes plus tard on s’arrête de nouveau mais cette fois nous sommes devant un petit stand où un gars vend des bouteilles. Le chauffeur achète un pack et nous terminerons le trajet jusqu’à Phnom Penh ainsi, à nous arrêter toutes les 30 minutes pour refroidir le moteur!

 

Premiers pas difficiles à Phnom Pen :

A 23h passées nous arrivons enfin à destination!! Nous sommes fatigués, affamés et nous sommes pressés de trouver une chambre pour dormir enfin! Nous demandons au chauffeur s’il peut nous déposer dans une rue à proximité des guesthouses mais il ne comprend pas ce qu’on lui demande et nous dépose dans une rue sombre et glauque qui a l’air loin de toute animation! Nous descendons, avec un couple d’espagnols qui ont fait le voyage avec nous, évitons les chauffeurs de tuk tuk insistants qui nous proposent des trajets à des prix exorbitants (nous n’avons vraiment pas la force de négocier et de toute façon nous ne savons pas où nous allons). Et nous nous mettons à la recherche d’une guesthouse.

Nous marchons, Guigui et le couple d’espagnols devant et moi quelques mètres derrière, un peu à la traine car je regarde sur le GPS de mon Smartphone où se trouve la guesthouse la plus proche, quand un type se jette sur moi, m’attrape le poignet, me le tord et s’empare de mon téléphone avant de partir en courant dans le noir. Je lui cris dessus et fait trois pas dans sa direction avant de me rendre compte que ma tentative de poursuite est ridicule et complètement inutile avec mon gros sac sur le dos.

Les autres, alarmés par mes cris, me rejoignent mais il est déjà trop tard, le type est loin maintenant! La fille espagnole (je ne me souviens plus de son prénom) tente de me rassurer et j’ai beau me dire que ce n’est qu’un téléphone portable, que ça aurait pu être bien pire j’ai du mal à retenir mes larmes. Je me sens ridicule mais après cette longue journée, cette mésaventure aura été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

On presse le pas pour trouver un hôtel, la ville a l’air grande, les rues sont vraiment sombres et je ne suis absolument pas rassurée! Le vol de mon portable exacerbe ma paranoïa et je vois le mal partout! La moindre personne que l’on croise m’a l’air de mauvais goût!

Le premier hôtel pas trop cher que nous trouvons est complet, le deuxième est à 20 dollars (environ 18 euros) ce qui est plus du double de notre budget mais tant pis nous restons ici, on se dit que nous avons bien mérité un peu de confort! Et du confort on en a eu! C’est la première fois depuis le début du voyage que nous avons un lit si spacieux ainsi qu’un frigo, une télévision et une grande salle de bain avec… attention…une baignoire!!! Je prend la meilleure douche du voyage et file droit au lit!

 

La morale de l’histoire :

Parce que ça nous aura au moins appris une chose : lorsque vous prenez le bus en Asie, ne jamais croire que nous arriverez à l’heure indiquée! Avec un peu plus de jugeote nous aurions du savoir que, avec une arrivée estimée à 20h, nous arriverions à destination tard dans la soirée. Et, dans une capitale comme Phnom Penh, connue pour le vol à l’arrachée et autres agressions il est plus prudent de ne pas arriver en plein milieu de la nuit. Et si c’était à refaire, nous aurions passé la nuit à Kratie (la ville où nous a déposé le quatrième bus) et repris la route seulement le lendemain matin. Mais bon, pour notre défense on voyageait en stop jusqu’à maintenant, on n’avait donc pas l’habitude des trajets en bus asiatiques (à part en Chine où ils étaient relativement ponctuels).

Ensuite, cette petite mésaventure aura été pour nous une piqure de rappel. On veut dire par là qu’au début de notre voyage on faisait hyper attention à nos affaires, on avait toujours peur qu’on nous les vole. Puis, après deux mois passés en Chine où l’on s’est toujours senti en sécurité, nous avons baissé nos gardes, nous étions plus sereins, voir même un peu trop! Alors je me dis qu’on aurait pu me voler autre chose de plus important que mon téléphone (genre mon sac à dos tout entier ou mon passeport) et que ça me permettra d’être un peu plus vigilante par la suite! Parce que bon, honnêtement j’aurai pu éviter de me faire voler mon téléphone si l’on aurait fait plus attention à l’heure à laquelle nous arrivions à Phnom Penh et si je n’avais pas marché seule à l’écart du groupe avec mon portable à la main!

 

Voilou, voilou la journée de l’horreur se termine enfin et on se prépare à retrouver mes parents dès le lendemain pour passer de supers moments en leur compagnie dans ce chouette pays! Bah oui, parce que le Cambodge ne se résume pas au vol de mon téléphone qui aurait pu, d’ailleurs, m’arriver dans n’importe qu’elle autre grande ville de n’importe quel autre pays!

 

Les parents de Marine avec nous - Cambodge

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Et bien, que d’émotions !!! Ce trajet en bus restera longtemps dans vos mémoires… J’espère que la suite de votre séjour au Cambodge s’est bien passé et a permis d’effacer un peu cette entrée en matière compliquée.
    Grosses bises laotiennes !
    Aurélie.

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    • Notre séjour au Cambodge s’est très bien passé même si depuis j’étais toujours un peu méfiante. Nous avons beaucoup aimé ce pays!
      Bisous New Zelandais 😉
      Marine.

      Répondre

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